[cogitations] Les jeux vidéos vecteur de culture ? 1/2

14 Jan

Voilà un article qui me tient à cœur et que je garde dans ma besace depuis un moment. La culture et le jeu vidéo, vaste sujet que je ne ferai probablement qu’effleurer, mais qu’importe, on y croit on en veut.

Il convient tout d’abord de discerner les deux aspects dont je vais vous parler : La culture qu’apporte le jeu vidéo, qu’on appel communément La culture vidéo-ludique et la culture utilisée dans le jeu vidéo, par exemple quand les développeurs s’inspirent d’une légende ou d’une période historique. La différenciation est très importante car le but est d’arriver à une conclusion sur l’existence de la culture vidéo-ludique d’un coté et sur le fait que les jeux vidéos puissent être utilisés comme support de diffusion culturelle.

C’est sur ce deuxième aspect que va porter la première partie, d’abord parce que la culture vidéo-ludique est arrivée après l’utilisation d’objets culturels dans le jeu vidéo. Ensuite parce que ça me paraît plus logique. On gardera à l’esprit que la frontière entre les deux aspects est parfois ténue, ce qui engendrera forcément des liens de l’un à l’autre.

Le jeu vidéo comme support de la culture.

La culture dans le jeu vidéo c’est quand un élément culturel sert de support, de trame ou au moins inspire le jeu en question. C’est par exemple l’histoire du monde avec Ages of empire 2, la culture japonaise dans Okami, le livre Alice au pays des merveilles dans ses différentes adaptations. Mais c’est aussi toute les adaptations de films, série, bande dessinée. Finalement à partir du moment ou le jeu est en lien avec un objet culturel populaire comme spécifique on peut dire qu’il sert de support à cet objet.

On peut étendre cet aspect à l’esthétique d’un jeu. Par exemple les différents niveaux du jeu Psychonauts piochent dans de nombreuses cultures pour offrir aux joueurs différentes expériences. Le jeu pioche dans toutes les cultures populaires pour offrir une expérience unique au joueur. Ainsi le niveau qui se passe dans le cerveau d’un peintre espagnol reprend de nombreux éléments de l’esthétique latine. La frontière entre le jeu comme diffuseur ou comme producteur est alors plus difficile à délimiter.

Revenons à Age of empire. Derrière sa façade de jeu de stratégie, Age of empire dispose d’un background historique énorme et réel. C’est typiquement le genre de jeu qu’on pourrait utiliser pour expliquer des passages de l’histoire à n’importe qui. Contre exemple, on ne compte plus les jeux sur la seconde guerre mondiale. Si les wargames ou STR s’en sortent souvent avec les honneurs, c’est moins le cas pour les fps. La raison tient à une réalité ludique simple : on ne peut pas transposer exactement la vie d’un être humain lors du débarquement à un équivalent vidéo-ludique. Sinon combien de joueurs n’auraient jamais dépassé les plages de Normandie ? Réaliste certes mais restrictif.

Cela n’enlève rien aux qualités historiques de certains jeux comme Call of duty, parfaitement documentés et parfois assez proches de ce qu’on suppose avoir été la réalité. Tout comme Age of empire possède des aspects surréalistes lors des batailles. Cependant certains jeux comme Cossacks n’hésitent pas à reprendre les batailles telles quelles, les lignes de soldats tombent comme des mouches. Et puis on ne compte plus les jeux reprenant plus ou moins officiellement des figures célèbres ou pas de l’histoire. C’est particulièrement visible dans de nombreux jeux nippons qui réutilisent régulièrement les personnages folkloriques ou non de leur histoire, les forgerons Masamune et Muramasa dans Murasama sur Wii par exemple.

L’utilisation des personnages et les légendes sont des choses récurrentes dans les jeux vidéos. A ce petit jeu, reconnaissons qu’il y a deux grands gagnants : le folklore japonais, et le folklore nordique. On sourira en pensant à la saga Final fantasy qui mélange allégrement toute sorte de cultures : japonaise (ex : les armes Masamune ou Muramasa), Anglo saxonne (Alexandre, Excalibur, les chevaliers de la table ronde), nordique ( Bahamut, Yggdrassil). Il est indéniable que les japonais sont friands de mythes et légendes. Bien fournis, les mythes nordiques sont donc le sujet de bien des jeux (Valkyrie profile en tête).

Mais les créateurs de jeux vidéos de tout horizons ne se contentent pas seulement des mythes et légendes. Ils se régalent à nous faire vivre toutes les périodes de l’histoire et ce d’un maximum de manières différentes. Jeu sur les vikings, les gladiateurs ou sur la conquête de l’ouest par les trains… Comme si cela ne leur suffisait pas ils refont eux même l’histoire. Les uchronies sont un des autres sujets porteurs. Alerte rouge, en se servant d’éléments historiques réels, a imaginer ce que serait un monde qui n’aurait pas connu le nazisme, avec une finesse toute américaine évidemment.

Mais cette tendance à utiliser des éléments culturels (ou historiques) n’est pas sans risque. Reflet de la société, le jeu vidéo en récupère parfois les travers, notamment une propension au stéréotype et à voir le monde d’une manière manichéenne. Command and conquer generals par exemple, exacerbe les images que l’on se fait des peuples : les américains sont gentils, chaque vie compte pour eux. Les chinois s’en foutent chaque soldat n’est que de la chair à canon. Les terroristes sont vraiment des salaud, ils utilisent des kamikazes et des armes chimiques.

Le jeu vidéo peut donc propager une image positive comme négative (être un gangster c’est culturellement cool grâce à GTA). Et de fait, comme tout objet ou média culturel il doit être manié avec précaution.

Ainsi le jeu vidéo utilise des cultures de partout dans le monde pour ancrer ses jeux dans une certaine réalité. Il créé en réalité des repères qui nous aident à nous retrouver dans l’univers du jeu. Ces balises stables lui permettent de développer ensuite le monde comme bon lui semble. Vous avez remarqué que les extraterrestres ont souvent des aspects proches de choses que l’ont connait ? Et même quand ce n’est pas le cas notre esprit les rapproche de quelque chose de connu. C’est un besoin naturel de rationaliser, même si c’est infime, quelque chose d’inconnu. Ainsi tout le bestiaire d’un Castlevania est constitué de créatures connues. Et quand ce n’est pas le cas on mettra forcément un nom sur cette chose (pyramid head de silent hill 2). Cet acte de nommer quelque chose qui n’a pas spécialement de nom n’est pas anodin. Il crée un élément culturel. Pyramid head est entré dans la culture vidéo-ludique.

Même non officielle, l’intégration d’éléments culturels dans un jeu créée du lien social (un enjeux majeur de la culture). D’abord entre ceux qui ont reconnu les liens élément culturel/jeu et ensuite ceux qui iront du jeu vers l’objet culturel. Dans World of Warcraft, tous les amateurs de Fantastique ont reconnu les hommages au mythe de ctulhu (C’thun, yog sarron, les dieux anciens). Les jeux vidéos tissent ainsi des liens puissants avec tous les autres médias et objets culturels. Aujourd’hui le jeu vidéo est un vecteur très puissant qui peut amener sans distinction à l’étude d’une période de l’histoire, la lecture d’un roman, le visionnage d’un film, l’écoute d’un groupe de musique, etc.

Il y a donc un moment où le jeu vidéo produit sa propre culture. Mais quelle est la part de culture créée et la part de culture empruntée?

Réponse prochainement.

Thanks for reading ! See you soon !

Publicités

2 Réponses to “[cogitations] Les jeux vidéos vecteur de culture ? 1/2”

  1. Joe 18 janvier 2011 à 10 h 13 min #

    Age of Empire? oO »
    Tu ne voulais pas plutôt dire civilization? qui propose l’historique de tout les généraux ainsi que des contextes géopolitique historique dans lesquels jouer?

    en ce qui concerne c&c generals on peut même parler de propagande, la ou je suis moins d’accord c’est que l’on retrouve cette même propagande pro américaine dans la plupart des jeux qui traite de la guerre, dont call of duty ou tout les américains sont beau et brillant la ou tout les autres sont moches et méchant. ^^ »

    • the duke 18 janvier 2011 à 17 h 13 min #

      Dans AOE 2 il y avait un gros fond historique raconté entre les missions (campagne de Jeanne d’arc, des templiers etc). Ceci dit j’admets que Civilisation serait un exemple plus pertinents, mais bon je connais mal la série.

      Pour la propagande dans les call of et consort je suis on ne peut plus daccord. C’est d’ailleurs un des gros défauts des jeux Nord américans.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :